Archive pour la catégorie ‘Littérature’

LES EPOPEES DE DIX FEMMES PUISSANTES

jeudi, janvier 19th, 2017
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MILTON KWAMI

La très riche histoire africaine a été marquée par les épopées de plusieurs reines et femmes puissantes au destin marqué au fer rouge. Des femmes d’influence qui ont transformé le cours des choses et constituent une source de fierté et d’espoir pour le continent.
Toutes ces reines antiques ou ces égéries contemporaines se sont fait valoir grâce à leur personnalité, leur beauté, mais pour beaucoup par leurs actes. Toutes différentes, mais portées par un désir commun : contribuer à un avenir meilleur pour leur peuple. Voici une mince sélection de dix femmes qui ont marqué l’histoire du continent.

Égypte: Cléopâtre

(av. J.-C.) Cléopâtre est un personnage phare dont la légende s’est emparée de son vivant et à sa mort tragique. C’est sans aucun doute la femme la plus célèbre d’Égypte, mais aussi la femme la plus célèbre de toute la période de l’Antiquité. Elle est considérée comme le dernier pharaon que l’Égypte ait connu. L’histoire raconte qu’elle était une négociatrice hors pair et d’une beauté atypique, comme le montrent les représentations. Même si son objectif était de protéger l’indépendance de l’Égypte, elle s’est engagée dans une relation avec César en 48 av. J.-C. Elle le suivit à Rome et s’y installa avec ses traditions. Cependant la mort de son bien-aimé l’a contrainte à un dur retour à la réalité. Le futur Auguste mène une bataille contre l’Égypte afin de l’annexer. Cléopâtre aime mieux mourir que de voir l’Égypte envahie.

Éthiopie: Makeda, la reine de Saba

(av. J.-C.) Makeda, surnommée la reine de Saba, est une femme mythique. À l’époque antique, les femmes noires étaient considérées comme très belles et dotées d’une forte personnalité. Ce fut le cas des reines d’Éthiopie (Kush, Axum, ou encore Sheba). En effet, l’Éthiopie fut dirigée par une lignée de reines belles, puissantes et vierges, dont la célèbre Makeda. C’est un personnage qui aurait régné sur le royaume de Saba, situé aux confins de l’actuel Yémen, de l’Érythrée, de l’Éthiopie. L’histoire raconte que le roi Salomon voyagea en Éthiopie et, à peine arrivé dans ce pays peuplé de Noirs, le Roi fut frappé par la beauté des femmes. La reine est, dans tous les passages, décrite comme une femme sublime et considérée comme un personnage d’une profonde sagesse et d’une haute intelligence

Angola: Anna Zingha

(17ème siècle) Anna Zingha fut reine du royaume d’Angola pendant plus d’un demi-siècle. Son long règne a été marqué par beaucoup de luttes et de victoires. Elle s’opposa farouchement aux ambitions du Portugal sur son royaume. Elle dirigea l’Angola d’une main de fer jusqu’à sa mort, à l’âge de 82 ans, ce qui est une prouesse à cette époque. Elle est souvent décrite comme une habile tacticienne, puisqu’elle résista aux attaques des armées occidentales pendant trente ans ! Malheureusement, elle ne donna naissance à aucun héritier pour lui succéder au trône. Elle fut donc la dernière souveraine à régner sur le royaume d’Angola. Aujourd’hui, elle est connue comme « la reine dont la flèche trouve toujours le but ».

Congo: Dona Beatriz-Kimpa Vita-Nsimba

(17ème siècle) Kimpa Vita était une prophétesse congolaise. Kimpa Vita grandit dans un climat de guerre civile entre les différentes tribus du royaume Kongo. Dès son enfance, elle est reconnue comme nganga marinda, autrement dit une intermédiaire entre le monde des hommes et celui des esprits. Celle que l’on surnomme la Jeanne d’Arc du Kongo a acquis au fil des années une puissance qui menace celle du roi et des missionnaires. La Dona Vita était devenue une figure mystique, vénérée par les gens qui écoutaient ses propos. En 1706, deux ans après son arrivée à Mbanza-Kongo, c’est un spectacle horrible qui se déroula sur la place de la capitale : un bûcher avait été préparé pour la prêtresse et sa famille. C’est deux siècles après Jeanne d’Arc que Kimpa Vita mourut, avec le nom de Jésus en bouche, disent les témoins.

Afrique du Sud: Nandi de Zululand

(19ème siècle) Nandi a été la reine du Zululand (une partie de l’actuelle Afrique du Sud). Elle est connue pour avoir eu une extrême estime d’elle-même. Dans tous les ouvrages, elle est décrite comme la femme la plus belle du territoire zulu. Les prétendants lui couraient après, et c’est finalement le prince de Zulu, Senzangakona, qui la séduira. Homme fort de sa patrie, Nandi n’était pas sa seule femme, mais la mère de son enfant le plus célèbre, Chaka Zulu. Chaka Zulu a tout appris de sa mère. Et en devenant roi, grâce à son exemple, il établit une armée composée strictement de femmes. Reine, Nandi avait élevé son fils en vainqueur, et c’est ce que fut Chaka Zulu : une véritable fierté de l’Afrique du Sud. Aujourd’hui, lorsqu’on parle de Nandi de Zululand, c’est une référence à une « femme de haute estime ».

Guadeloupe: la mulâtresse Solitude

(18ème siècle) La mulâtresse Solitude est la figure historique des esclaves noirs en Guadeloupe. Née du viol d’une femme africaine par un colon marin durant la traite négrière, elle a le teint métissé, d’où l’appellation de mulâtresse. En grandissant, elle se rallie à l’appel de Louis Delgrès pour combattre au nom de la liberté après que Napoléon Bonaparte a rétabli l’esclavage. Dans les encyclopédies guadeloupéennes, elle est considérée comme le bras droit des rebelles, pleine de fureur et de haine. Cependant, son engagement lui coûta la vie : elle fut exécutée un jour après avoir donné naissance à son fils.

Sénégal: Ndete Yalla Mbodj

(19ème siècle) La reine Ndete Yalla Mbodj est la dernière grande reine du royaume Waalo (au nord-ouest de l’actuel Sénégal). Avec sa descendance, elle est une figure de la résistance contre la colonisation française. C’est aussi la mère du puissant Sidya Ndaté Yalla Diop qui suivra ses traces. La reine Yalla Mbodj s’est battue contre l’invasion européenne et contre les Maures, car elle réclamait un droit de passage pour le peuple soninké vers l’île de Sor (actuelle Saint-Louis) très convoitée par les gouverneurs occidentaux. C’est le Père Boilat, tout droit venu de France, qui nous décrit la vie de la reine lors de sa visite au Sénégal.

Ghana: Yaa Asantewa

(19ème siècle) Durant le règne de son frère, Yaa Asantewa fut témoin d’une série d’événements menaçant le futur de la Confédération Asante ou Ashanti (futur Ghana), notamment la guerre civile de 1883 à 1888. À la mort de son frère, elle utilisa ses droits en tant que reine pour nommer son petit-fils. Ce dernier obligé de partir se former aux Seychelles avec le roi d’Asante, Prempeh Ier, Yaa Asantewaa devint la reine de la confédération. Le rêve d’Yaa Asantewa s’accomplit en mars 1957, quand le protectorat d’Asante obtiendra son indépendance et fera partie du Ghana, première nation africaine à atteindre une telle victoire. Yaa Asantewa représente le symbole du courage contre l’injustice du colonialisme britannique.

Côte d’Ivoire: Abla Pokou

(18ème siècle) Abla Pokou est une reine d’Afrique de l’Ouest qui mena le peuple baoulé du Ghana vers la Côte d’Ivoire pour le libérer d’une guerre fratricide pour le contrôle du royaume d’Ashanti au Ghana. La légende est bien connue de tous : elle raconte que la reine a dû sacrifier son fils pour traverser la rivière avec son peuple. Cette histoire serait à l’origine du mot baoulé : lors du sacrifice de son enfant, elle s’exclama «ba ouli», ce qui peut se traduire par «l’enfant est mort», d’où le nom baoulé. C’est le nom que portera son peuple qu’elle installa en Côte d’Ivoire. Abla Pokou, princesse ashantie est devenue la reine des Baoulé et a régné avec splendeur jusqu’en 1760.

Gambie: Aminatu

(16ème siècle) La reine Aminatu de Zaria est surnommée la reine guerrière. Elle avait de nombreux objectifs, dont l’extension de son territoire jusqu’au nord-est de l’actuel Nigeria, mais aussi de développer les villes conquises. Pendant plus de trente ans ses conquêtes firent de ce royaume le rendez-vous du commerce transsaharien, une région puissante qui dominait le commerce d’Afrique subsaharienne. Selon une légende, Aminatu refusait de se marier et d’avoir une descendance. C’est pourquoi dans chaque territoire qu’elle récupérait elle passait la nuit avec l’homme de son choix. Qu’elle tuait au petit matin pour que ce dernier ne se vante pas d’avoir eu des relations intimes avec elle.

Bénin: Seh Dong Hong-beh

(19ème siècle) Son nom se traduit par «Dieu dit la vérité». Elle était la chef des fameuses amazones, bien ancrées dans l’histoire, mais dont on oublie souvent la provenance. Aux alentours de 1850, Seh Dong Hong-beh dirige cette armée composée de plus de 5 000 combattantes. Leur combat le plus connu est celui contre la forteresse d’Egba d’Abeokuta. À la fin du xixe siècle, le roi Behanzin du Dahomey (Bénin) mena la guerre au colon français. Dans son armée de 10.000 hommes, il eut besoin des amazones qui se battirent jusqu’à la mort. On raconte qu’elles ont préféré brûler leurs villages plutôt que de les laisser au colon.

La valeur n’attend pas le nombre des années

dimanche, novembre 13th, 2016
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La petite fille a écrit en secret…

Michelle Nkamankeng n’a que sept ans mais une assurance aussi désarmante que son sourire, qui trahit une dentition encore parsemée. En convainquant ses parents de publier son livre, elle est devenue une des plus jeunes écrivaines africaines et une source d’inspiration pour ses camarades de classe.

C’est pourtant en cachette que la petite Sud-Africaine a écrit, au stylo vert et violet, « Attendre les vagues », mis en vente par le géant américain Amazon.

Les lignes du manuscrit original tanguent un peu. Mais les pages format A4 pliées en deux et reliées par des agrafes et du scotch ressemblent déjà à un véritable livre, avec le nom de l’auteure en herbe et le titre de son œuvre sur la couverture.

Sur la dernière page, un grand cœur aux traits hésitants et un message plein de la candeur des sept ans de Michelle : « J’espère que vous avez passé un agréable moment à lire ce livre ».
« Mes frère et sœurs savaient » que j’écrivais « parce qu’ils viennent toujours dans ma chambre. Mais je leur ai dit de garder le secret car je voulais faire une surprise à papa et maman », raconte la fillette d’un ton enjoué.

Mais la surprise tourne court. Les parents de Michelle accueillent avec circonspection le manuscrit. « Quand elle m’a donné son livre, se souvient sa mère Lolo Nkamankeng, je l’ai mis dans la bibliothèque. »

Mais Michelle ne baisse pas les bras. Elle revient à la charge quelques semaines plus tard avec un deuxième et même un troisième livre. « Si vous ne me prenez pas au sérieux, j’arrête d’écrire », menace-t-elle.

Un an plus tard, son rêve est devenu réalité. « Attendre les vagues » est un ouvrage d’une cinquantaine de pages imprimé sur papier glacé et joliment illustré par une artiste sud-africaine.

Le livre raconte l’histoire de Titi, double de Michelle, qui apprend à dépasser sa peur des vagues. « Si l’on est vraiment honnête, cela reste un ouvrage écrit par un enfant », reconnaît l’auteur de la préface, Colin Northmore, directeur du Sacred Heart College de Johannesburg où est scolarisée la fillette.

« Voici les conseils que je donne aux enfants qui veulent écrire des livres : poursuivez vos rêves, ayez toujours confiance en vous, ne laissez personne vous mettre des bâtons dans les roues et, si vous ne savez pas lire, vous ne pourrez pas écrire « , récite Michelle dans un discours déjà bien rodé.

Elle passe cependant sous silence une des clés de sa jeune réussite. Un parent, comme sa mère entrepreneure, prêt à débourser 100.000 rands (6.600 euros) pour publier le livre à compte d’auteur et en faire la promotion…

Qu’à cela ne tienne, l’histoire de la petite Michelle démontre encore qu’il faut toujours croire et oser, tout commence par là.


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