Archive pour la catégorie ‘Organisation’

« IL FAUT IMPLIQUER LES FEMMES DANS LES PROCESSUS DE PAIX»

mardi, décembre 12th, 2017
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Le réseau des Femmes des Presses Pour la Paix et la Sécurité en Afrique Centrale (FEPPSAC), vient d’organiser un atelier à Libreville sur le thème : Les médias face aux défis de la consolidation de la paix, comprendre les enjeux de la Résolution 1325 du conseil de sécurité de l’ONU ».

A travers les communications d’experts locaux, les échanges riches ont contribué non seulement à renforcer les capacités des femmes et des hommes des médias venus nombreux,  mais également à les sensibiliser sur l’importance d’intégrer une démarche sexospécifique dans les questions relatives à la paix.

En septembre 1995, 189 Etats ont signé la déclaration de Pékin. Cette Déclaration assortie d’un programme d’action a invité la communauté internationale à s’engager pour la promotion de la femme et l’égalité des sexes. La Déclaration exhorte à mettre en œuvre tous les moyens vers une réelle égalité homme/femme, une politique de développement et un engagement vers la paix.

 

 

En octobre 2000, Le Conseil de sécurité de l’ONU  a voté la Résolution 1325 sur les femmes, la paix et la sécurité.  Un outil dont l’efficacité dépend de la capacité analytique à maîtriser les dimensions sexospécifiques des conflits et de la paix.

 

Répondre aux défis propres aux hommes et aux femmes en situation de conflit et de post conflit exige une sensibilité et une écoute des réalités humaines vécues spécifiquement et différemment par chaque sexe. Cela exige ensuite une formation et une information appropriée, nécessaire à la prise de décisions éclairées. Cela exige enfin des outils appropriés, des engagements fermes, des mesures d’action, des mesures d’évaluation et des mécanismes d’imputabilité.

 

Les femmes d’Afrique centrale, comme celles d’ailleurs, sont profondément préoccupées par la persistance et la prolifération de la violence et des conflits dans leur région. Elles n’ont eu de cesse ces dernières années de manifester leur volonté, leurs compétences pour faire avancer nos pays sur la voie d’une culture de paix durable, comme prescrit par la Résolution 1325.

 

C’est de ce constat que le réseau des Femmes des Presses Pour Paix et la Sécurité en Afrique centrale est née en novembre 2016 à Douala dans un environnement où les professionnelles des médias et diffuseuses de l’information attachées à la cause de la paix et de la non-violence faisait défaut.

 

Créer un espace où les médiatrices de paix peuvent exprimer leurs préoccupations, confronter leurs expériences, échanger des idées, établir un ordre de priorité pour les stratégies et coordonner leurs actions en faveur de la résolution des conflits et de la construction de la paix apparait comme une nécessité.

 

Quand la paix se trouve menacée, il est important que les Femmes avec leur cœur de mère se mobilisent aussi au plus haut niveau pour promouvoir des messages de paix, de tolérance et de non-violence qui tiennent compte des considérations de genre et apportent leur contribution en faveur de la paix et du développement durable.

 

Enfin, cette rencontre s’inscrivait dans le cadre des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes qui sont célébrés dans le monde entier. La campagne sous la couleur orange débute le 25 novembre, date de la célébration de la journée internationale de l’élimination des violences faites aux femmes, jusqu’au 10 décembre, jour où est célébré la journée les Droits de l’homme.


Des actions sont menées par des organisations féminines afin de bannir les violences faites aux femmes. Rappelons qu’une femme sur trois est victime de violence basée sur le genre au cours de sa vie.

Séphora TEMBI

JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FILLE 2017

mercredi, octobre 11th, 2017
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Cette année, la Journée internationale de la fille, célébrée le 11 octobre, sera consacrée au thème: Autonomisons les adolescentes : Avant, pendant et après les crises.

Déclaration d’ONU Femmes : Journée internationale de la fille

Pour la Journée internationale de la fille, engageons-nous à investir dans l’éducation et la formation professionnelle des filles et dans des activités de subsistance pour les jeunes femmes qui sont confrontées à des crises partout dans le monde.

 

Il y a 1,1 milliard de filles dans le monde et chacune d’entre elles devrait avoir les mêmes chances d’accéder à un avenir meilleur. Les filles sont source d’énergie, de pouvoir et de créativité. Elles peuvent impulser le changement et contribuer à construire un plus bel avenir pour tous. Malheureusement, la plupart d’entre elles sont désavantagées et endurent la discrimination au quotidien, et les filles qui vivent dans des situations de crise souffrent encore plus.

Toutes les 10 minutes une adolescente meurt, victime de violence, quelque part dans le monde. En cas de crise humanitaire, la violence sexiste s’aggrave souvent, soumettant les filles à la violence sexuelle et physique, au mariage précoce, à l’exploitation et à la traite. Les adolescentes vivant dans les zones de conflits sont 90 pour cent plus susceptibles de ne pas être scolarisées, comparé aux adolescentes des pays en paix. Cette situation compromet leurs perspectives d’avenir en matière d’emploi et d’indépendance financière à l’âge adulte.

À travers le monde, les filles autonomisées font entendre leur voix pour défendre leurs droits et leur protection dans toutes les situations. Elles s’efforcent d’éradiquer la violence à l’égard des femmes et des filles, de faire valoir les droits des populations autochtones, de construire des communautés pacifiques et stables.

Sources ONUFEMMES

 

SIBETH NDIAYE, UN STYLE A PART

jeudi, mai 18th, 2017
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Présente depuis la première heure au côté d’Emma­nuel Macron, Sibeth Ndiaye a été la cible de plusieurs critiques le jour de la passa­tion de pouvoir entre François Hollande et Emma­nuel Macron. Notamment par la communauté africaine qui a été particulièrement acerbe.

 

Adulée sur les réseaux sociaux prisés par les africains quelques jours plus tôt, Sibeth Ndiaye fait depuis lors l’objet de critiques plutôt dures à cause de la tenue qu’elle a porté le jour de l’investiture de son champion, le nouveau président français.

La tenue de la désormais cheffe du service presse de l’Elysée a été jugée trop simpliste et ses chaussures inappropriées par rapport à l’importance de la cérémonie.

Ce dimanche 14 mai 2017, la jeune mère de famille de 37 ans portait en fait des derbies blanches.  Une première chose à savoir est que les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Par ailleurs, est ce que la tenue vestimentaire est la chose qu’on devrait retenir de cette grande dame ? Ce débat est vraiment saugrenu. S’il est vrai que les africains accordent beaucoup d’importance à l’habillement, cela n’est pas une généralité.

Non seulement l’habit ne fait pas le moine, mais l’habit n’est pas l’essentiel. Voici une grande dame qui fait honneur à l’Afrique et aux africaines en particulier par ses compétences dans un milieu aussi fermé que la communication, habituellement réservé aux personnes de race blanche. Quelle grande leçon, le président français vient de donner à nos dirigeants africains qui dépensent des centaines de milliers d’euros à recruter des conseillers en communication d’origines européennes pour des résultats pas toujours très visibles. Au point où on compte les communicants d’origines africaines des hauts responsables du continent  sur le bout des doigts.Et les mauvaises langues trouvent quand même le moyen de lancer une fausse polémique  sur le style vestimentaire de celle qu’on peut considérer comme une pionnière.

Heureusement que le président Emmanuel Macron n’a pas le temps de s’attarder sur des polémiques stériles pour confier des responsabilités de la plus haute importance à des collaborateurs valeureux.

On ne peut pas s’étonner non plus, car certains responsables politiques africains mettent en effet l’accent sur l’aspect physique et non sur les compétences qui seules peuvent faire la différence. A chacun sa préférence.

En tout cas, Sibeth Ndiaye vient de confir­mer que son équipe est bien là pour bosser et que les codes d’antan ne sont plus forcé­ment d’actua­lité.

Mila BENDI

NOUVEAU GOUVERNEMENT EN RDC : LES FEMMES EN BOUQUETS DE FLEURS

jeudi, mai 11th, 2017
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Depuis quelques mois, le monde entier est dans l’attente de la composition d’un gouvernement en République Démocratique du Congo. Après le dépassement du délai du mandat du Président Joseph Kabila, le pays est en ébullition dans l’attente de ce qui va bien pouvoir se passer. Cette attente s’est encore accentuée après la disparition du leader historique de l’opposition Etienne Tshisekedi. Autant dire que les défis sont énormes et la tension politique critique.

Plus d’un mois après la démission de l’ancien Premier Ministre Samy Badibanga, issu de l’opposition, suivi de la nomination de son remplaçant, le nouveau gouvernement est enfin connu. Sur 59 membres, on compte exactement 5 femmes dont voici le détail. Pour voir le premier nom féminin, il faut attendre le 16e sur la liste, et ceci après avoir défilé tous ceux des vices premiers ministres et tous ceux des ministres d’Etat, on s’en doute aucune femme dans un pays de plus de 60 millions d’habitants n’a été jugée digne de mériter la confiance.  L’heureuse nominée est la ministre du portefeuille.

Ensuite, on arrive à la 32e nominée, soit encore 16 noms plus tard. Cynisme, sexisme ou pur hasard ? Il s’agit cette fois de la ministre en charge du genre, enfant et famille, domaine typiquement réservée aux femmes depuis des lustres, et bien évidemment convoité par zéro homme. On continue  à la 40e nominée  où on retrouve la ministre des droits humains. On descend à la 42e nominée, il s’agit du ministère en charge de la jeunesse et l’initiation à  la nouvelle citoyenneté. Enfin dans la liste des vices ministres, on décompte une femme sur 11,  cette fois ci en charge du budget.

On compte donc 10% de femmes environ dans un pays où il y a un ministre du genre. On  peut légitimement déduire que la parité n’est certainement pas une priorité pour les dirigeants congolais. C’est donc dans un élan de solidarité féminine que nous pensons à nos sœurs congolaises qui continuent lentement mais sûrement le combat  pour la reconnaissance de leurs droits et l’égalité des sexes.

MILA BENDI

AMINA J. MOHAMMED EST NUMERO 2 DE L’ONU

mercredi, février 8th, 2017
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Ce 1er février marque la fin du premier mois d’Amina J. Mohammed au poste de Vice-Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Annoncée le 25 décembre 2016, elle a pris ses fonctions le 1er janvier 2017. Cette femme politique nigériane est ainsi la 5ème personnalité (succédant au Suédois Jan Emliasson), troisième femme et deuxième africaine à occuper ce poste après la Tanzanienne Asha-Rose Mtengeti Migiro (2007-2012).

Née le 27 juin 1961 (55 ans) à Gombe (nord-est du Nigéria) d’une mère britannique et d’un père nigérian, Amina J. Mohammed cumule plus de trente-cinq années de carrière. Pur produit de l’école nigériane et britannique, elle débute sa carrière en 1981 au sein d’Archcon Nigeria, un cabinet d’architecture et d’ingénierie où elle a passé 10 ans, participant à de multiples projets de construction d’établissements scolaires et médicaux et de bâtiments publics.

Une businesswoman dans les arcanes du pouvoir

En 1991, cette mère de six enfants fonde Afri-Projects Consortium, une société multidisciplinaire également investie dans l’ingénierie. A ce projet, elle consacre dix autres années de sa vie et monte continuellement au créneau, au point de se faire remarquer par les hautes instances du pouvoir en place à Abuja. C’est ainsi qu’elle endossera, sous trois gouvernements consécutifs (Olusegun Obasanjo, Umaru Yar’Adua et Goodluck Jonathan), le rôle de Conseillère spéciale sur les objectifs du Millénaire pour le développement. Un poste qui lui a permis de contribuer considérablement à la lutte contre la pauvreté, la réforme du secteur public et au développement durable, et à coordonner des programmes d’un budget annuel de 1 milliard de dollars en faveur de la réalisation desdits objectifs.

Amina J. Mohammed fait un pas de plus vers le sommet en juin 2012, lorsque Ban Ki-Moon, alors Secrétaire général de l’ONU la nomme à ses côtés Conseillère spéciale pour la planification du développement après 2015. Cette nouvelle fonction lui permettra de contribuer à l’élaboration du Programme de développement durable à l’horizon 2030. Un tournant décisif dans la carrière de cette femme qui a été à l’œuvre dans la lutte contre la pauvreté, l’égalité des sexes ou encore l’éducation.

Une année plus tard, en 2013, la quinquagénaire s’engage en politique avec le All Progressives Congress (APC), le parti politique créé le 6 février qui remportera la présidentielle de 2015, avec l’élection de Muhammadu Buhari à la tête du Nigéria. Avant de rejoindre la vice-présidence de l’ONU, elle était ministre de l’Environnement du Nigéria (novembre 2015-décembre 2016). Son expertise dans le domaine du développement, elle la partage en tant que professeur assistant d’un programme de master dédié de l’Université de Columbia à New York.

 

 

Une « fierté » pour le N°1 de l’ONU

Le parcours d’Amina J. Mohammed lui vaut toute la confiance du Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, qui n’a pas hésité à louer la compétence de son adjoint à l’occasion de la nomination de cette dernière :

« Je suis fier d’avoir choisi Mme Amina Mohamed du Nigeria en tant que Secrétaire général adjoint. Elle est un leader accompli dans le développement international et donnera une contribution extrêmement importante à la gestion du Secrétariat de l’ONU. Je remercie sincèrement le président Muhammadu Buhari du Nigeria pour sa générosité dans son prévalant à servir dans ce rôle important au niveau mondial ».

Fort de tout le travail abattu, Amina J. Mohammed a reçu, en 2006, le Prix national des distinctions honorifiques de l’Ordre de la République fédérale du Nigéria et a été intronisée en 2007 au Nigerian Women’s Hall of Fame.

 

Mila BENDI

 

EGALITE DES GENRES: LE RAPPORT QUI ACCUSE

vendredi, janvier 27th, 2017
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Les inégalités de genre en Afrique, c’est le thème d’une étude publiée récemment par la Banque africaine de développement, qui se penche notamment sur la place des femmes dans l’économie, leur accès à la terre, ou encore sur les questions de santé ou d’éducation. En tête du classement : l’Afrique du Sud, le Rwanda et la Namibie. Et parmi les plus mauvais élèves : la Somalie, le Soudan, la Côte d’Ivoire, le Tchad et le Mali.   

Depuis 2015, la Banque Africaine de Développement publie un classement inédit sur l’égalité des genres. Ce rapport met en lumière les disparités de traitements entre les hommes et les femmes en Afrique. La BAD a créé un indice de l’égalité entre les genres. Un outil comparant les différences de traitement entre hommes et femmes dans 52 des 54 pays du continent. Il sert à mesurer les écarts, mais également à promouvoir le développement.

Les femmes pourraient apporter beaucoup plus en termes de croissance et de développement. Mais toute une série d’obstacles les freinent, selon ledit rapport.
Elles représentent 75% de la main d’œuvre agricole et produisent la majorité des denrées. Mais la ségrégation du marché du travail africain fait qu’elles occupent souvent des activités peu rémunérées du secteur informel. En Côte d’Ivoire, par exemple, elles possèdent 62% des entreprises. Des structures de très petite taille et au rendement minime.

Les femmes ont moins accès à la terre à cause de régimes fonciers défavorables comme au Mali, où seuls 5% des propriétaires terriens sont des femmes. Les banques leur refusent souvent des crédits du fait de préjugés culturels ou d’obstacles juridiques, limitant ainsi la croissance de leurs entreprises.

Reléguées aux travaux domestiques, elles payent le manque d’infrastructures du continent. Elles consacrent du temps au ramassage du bois, au puisage de l’eau, 15 à 17 heures par jour dans les zones rurales sénégalaises, selon la BAD. Au final, leur charge est alourdie et freine leur autonomie. Une indépendance plombée par des législations discriminantes. Dans 35 pays, la loi les oblige à obéir à leurs maris.

L’enquête propose ainsi un plan d’action visant à améliorer l’accès des femmes aux ressources foncières, financières, aux infrastructures, à l’éducation, à la santé. Une égalité homme-femme qui stimulerait considérablement le potentiel de toute l’Afrique.

Pour la Bad, l’indice «vise à aider les décideurs africains à examiner et à traiter certains des obstacles les plus graves qui empêchent les femmes africaines d’être aussi engagées sur le terrain que les hommes».

Il a aussi vocation à «aider les populations africaines à exiger davantage de leurs gouvernements», et à «aider la Bad à mieux cibler ses politiques de dialogue et ses interventions dans une perspective de genre».

 

Pour Geraldine Fraser-Moleketi, envoyée spéciale de la Bad pour les questions de genre, l’indice devrait servir de point de référence aux gouvernements africains, pour évaluer l’efficacité de leurs politiques respectives visant à faire progresser l’égalité des genres. Aussi, de manière globale, la Bad dit avoir identifié huit principaux obstacles à la réalisation du plein potentiel des femmes comme productrices, dans le domaine du développement humain et comme citoyennes et dirigeantes, à savoir : les ressources foncières, les services financiers, la connexion aux infrastructures, l’éducation et l’acquisition des compétences, la santé et les droits en matière de reproduction, la sécurité personnelle, l’égalité devant la loi, le droit de se faire entendre et la représentation.

On pourrait de manière légitime se poser la question de savoir ce qui dans certains pays ne fonctionnent pas ? A savoir qu’en ce qui concerne la Côte d’Ivoire par exemple, c’est le seul pays en Afrique francophone où les enseignants d’école primaire sont majoritairement des hommes. Cela a forcément une incidence sur l’apprentissage des jeunes filles et leurs relations à la société. Une société a besoin de modèles, cela est très important pour les plus jeunes. Quelle petite fille n’a pas joué à la maitresse ? Sans compter que les maitresses ont une influence sur les petits garçons et leur regard sur les filles et les femmes.

Ce rapport tombe donc à point pour s’interroger sur les problèmes qui minent la visibilité des femmes et tenter de rectifier le tir. Au-delà des lois des quotas qui existent dans plusieurs pays déjà pour imposer la représentation des femmes, il faut absolument une forte volonté politique. Dans quelques pays, on peut regretter un genre de folklorisation des femmes dans la société. La question des droits des femmes est même tournée en dérision. On tolère mieux les femmes quand il s’agit de faire de l’animation mais beaucoup moins quand il s’agit de prendre des décisions importantes.

Il existe des cas où les revendications des femmes sont portées par les partis politiques mais le risque de manipulation est toujours grand. On note aussi que les femmes elles-mêmes ne sont pas assez conscientes du rôle important qu’elles devraient jouer.

Pour finir, ce rapport force un nouveau regard sur la question de l’égalité des genres et la représentation des femmes dans la société. Aux femmes de réaliser que le chemin vers l’égalité est encore long et ne pas se satisfaire de certaines formules de nature à masquer la réalité des faits qui sont têtus. Elles doivent réellement devenir des actrices et non des victimes de leur avenir. Les résistances sont certes fortes mais la volonté des femmes doit l’être encore plus. Les femmes intellectuelles se donnent tout le mal du monde pour obtenir les mêmes diplômes, les mêmes parcours que leurs collègues hommes pour au final être moins rémunérées que ceux-ci. En plus d’être injuste, cela est simplement inique. Dans les instances politiques, on regrette l’absence des femmes aux grandes échéances à l’instar des dernières élections présidentielles au Gabon. Pourtant ce ne sont pas les femmes qui manquent dans les partis politiques.

Les pays africains gagneraient à s’investir véritablement dans la lutte pour la parité. Comme dit la célèbre citation, « qui éduque une femme, éduque l’humanité, qui éduque un homme, éduque un individu ».

Depuis 1994, le gouvernement rwandais a mis en place une politique volontariste pour promouvoir les femmes: 30% des postes dans les instances de prise de décisions étatiques leurs sont réservés. Depuis 1999, elles peuvent même hériter de la terre au même titre que les hommes. Une législation favorable qui tire aussi son origine de l’histoire tragique du génocide qu’a connu ce pays.

Bien que classé 28e par cet indice du genre, le gouvernement gabonais nommé en octobre 2016 compte 30% de femmes.

Quelques classements d’autres pays: Madagascar (10e), Nigéria (23e), Maroc (26e) , Cameroun (40e) Guinée Equatoriale (34e), RDC ( 36e) Congo (37e),  RCA (40e) , Cameroun (41e) et Tchad (44e)

Marie MINANG

 

COMMISSION DE L’UNION AFRICAINE : UNE FEMME POUR SUCCEDER A UNE FEMME ?

samedi, janvier 21st, 2017
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Dans quelques jours, le 30 janvier 2017, lors du 28e sommet de l’UA, les 54 chefs d’État et de gouvernement de l’organisation africaine devront choisir le futur président ou la future présidente de la Commission de l’Union Africaine. Cinq candidats sont en lice dont deux femmes et pas des moindres.

Au sommet de Kigali en juillet dernier, bon nombre de pays participants au sommet avaient estimé que les trois candidats en compétition, l’ancienne vice-présidente ougandaise, Specioza Wandira Kazibwe, la ministre botswanaise des Affaires étrangères, Pelonomi Venson Moitoi et Agapito Mba Mokuy, le ministre des Affaires étrangères de la Guinée équatoriale, n‘étaient pas suffisamment qualifiés pour occuper le poste de président de la Commission. Le vote avait finalement été annulé, la majorité des 2/3 n’ayant pas été atteinte.

Cette fois ci,  ce sont cinq candidats qui affûtent leurs armes : quatre ministres des affaires étrangères  celui du Tchad, du Kenya, de Guinée Equatoriale et du Botswana ainsi que le diplomate sénégalais. Les femmes sont bien représentées.  Elles sont deux sur les cinq, autant dire qu’on se rapproche de la parité, tant souhaitée.

Portraits de ces grandes dames qui osent dans un univers d’hommes.

Amina MOHAMED JIBRIL

La ministre des Affaires Etrangères du Kenya est âgée de 55 ans.  Mariée et mère de deux enfants, elle a également élevé 4 orphelins.  Avocate de formation, elle est au service de son pays depuis plus de trente ans. Reconnue pour son expérience, son expertise, elle met surtout en avant ses capacités à rassembler, à régler des crises, à manager. Lors de la crise profonde qu’a connue son pays en 2010, elle fait partie des personnes qui ont contribué à ramener la paix et a participé à la rédaction d’une nouvelle constitution.

Depuis le mois de novembre 2016, la machine diplomatique kényane est mobilisée pour promouvoir la candidature de sa ministre des affaires étrangères, poste qu’elle est la première femme à occuper dans son pays. A son propos, le président Uhuru Kenyatta ne tarit pas d‘éloges. Présentée comme une personne de “confiance”, le dirigeant kényan estime que Amina Mohamed “servira notre continent avec le professionnalisme, l’intelligence, la compétence, l’intégrité, la passion et l’engagement requis”.

Nairobi dit vouloir renoncer au poste de vice-président qui lui revient depuis plusieurs années et claironne avoir déjà recueilli les promesses de vote de vingt Etats d’Afrique de l’Est et d’Afrique australe. Pourtant, les quinze ministres des affaires étrangères de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) ont rappelé en octobre soutenir une autre candidate, la ministre des affaires étrangères du Botswana.

Avec  enthousiasme, le gouvernement kényan a depuis lors annoncé plusieurs soutiens de poids comme l’Algérie, le Nigéria et la Sierra Léone.

 

Pelomini VENSON- MOITOI

L’honorable Dr. Pelomini Venson-Moitoi est la  ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de la République du Botswana depuis octobre 2014. Née le 13 mai 1951 au Botswana, elle est mariée et a deux enfants. Ses domaines de spécialité sont la gestion de la fonction publique et l’analyse et la conception des systèmes administratifs. Elle possède un diplôme en administration locale de l’Institut de la fonction publique du Connecticut, aux États-Unis. Membre du parti démocrate du Botswana, elle a occupé divers postes au sein du parti avant d’être élue députée en 1999. Sa carrière politique lui a permis de gagner des élections subséquentes et d’occuper continuellement divers responsabilités dans les domaines des transports et des communications, du commerce et de l’industrie, de l’environnement, de la faune et du tourisme, des sciences et de la technologie ainsi que de l’éducation et du développement des compétences.

Elle a reçu un doctorat honorifique en développement social basé sur une révision de son travail et écrit sur le gouvernement et la gouvernance. Dr Venson – Moitoi a commencé sa carrière comme journaliste pour une publication privée en 1970 jusqu’en 1973 quand elle a rejoint les rangs de la fonction publique. Elle bénéficie aussi de bons soutiens dans toute la région de la SADC.

Autant dire que ce ne sont pas les compétences ou l’expérience qui manquent à ces candidates.  Seulement, plusieurs éléments sont à prendre en compte. Premièrement, la grande question, une femme pourra succéder à une autre ? Pas évident. Malheureusement cette question de la succession d’une femme par une autre taraude les esprits parce que tout simplement il n’est pas encore naturel de voir les femmes occuper de si hautes fonctions.

Un autre élément dont il faut tenir compte est le procès qui est fait à la présidence de Nkosazana Dlamini Zuma, dont le bilan est jugé désastreux par certains. Manque de courage dans les grandes décisions, désintérêt de certaines zones géographiques, absence de vision. Le poids des critiques a finalement  eu raison de la présidente au point de ne pas briguer un nouveau mandat, ce qui est plutôt rare.

Elue en 2012, première femme à occuper cette fonction, l’ex épouse du président de l’Afrique du Sud, Jacob Zuma, avait certainement bénéficié de puissants soutiens.

Que s’est-il passé pendant son mandat de quatre ans? Nkosazana Dlamini-Zuma aurait accéléré le déclin de l’UA disent les mauvaises langues. Sous sa présidence, la commission est « en lambeaux », lâche un fonctionnaire de l’organisation africaine qui décrit un « personnel démotivé et une présidente désintéressée des problématiques africaines, plus soucieuse de sa carrière nationale dans son pays que de l’avenir du continent ». On lui prête l’intention de vouloir prendre la direction de l’ANC en 2017 en vue de l’élection présidentielle de son pays en 2019. Ces quatre dernières années, elle aurait été plus présente et assidue aux réunions de son parti qu’à celles de sa commission.

Au goût des ambassadeurs africains auprès de l’UA, Mme Dlamini-Zuma, s’est surtout illustrée en reprenant  l’agenda Afrique 2063, et en organisant des sommets sur les questions du genre et le droit des femmes.

Force est de constater que l’organisation est toujours aussi transparente sur les grands dossiers politiques et sécuritaires du continent. Mais ces manquements sont-ils imputables à elle en tant que dirigeante, ou bien en tant que femme ou encore au fonctionnement même de l’Union Africaine depuis toujours?

Le choix des Chefs d’Etat devrait apporter la réponse dans les prochains jours.

Une chose est sure, l’organisation a besoin d’être réformée en profondeur, il faudra beaucoup de poigne au futur président, homme ou femme, et plus de moyens pour faire face à tous les défis qui sont de plus en plus nombreux et de plus en plus fréquents.

Enfin, le choix d’une femme n’est pas le plus important mais le choix du meilleur profil.  Amina Mohamed et Pelomini Venson – Moitoi  doivent être jugées sur la base de leurs compétences et caractères respectifs et non sur le fait que ce soient des femmes au motif que l’expérience avec l’ancienne présidente a déçue. C’est aussi cela la parité.

Mila BENDI

 


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