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MALADE MENTALE MAIS FEMME AVANT TOUT

samedi, septembre 9th, 2017
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Il n’est pas rare de voir des femmes, des hommes atteints de troubles mentaux déambuler seuls en tenue d’Eve dans la rue en Afrique subsaharienne. Cela semble ne plus choquer les riverains habitués à voir ces scènes.

 

Certainement, le sentiment d’impuissance qui guide ces témoins les poussent à accepter l’inacceptable. Sinon comment comprendre que les familles d’une part, car ces personnes malades ne tombent pas du ciel, les pouvoirs publics d’autre part, les abandonnent à leur triste sort ainsi.

 

C’est grave et c’est profondément inhumain. Imaginons la journée de ces femmes et de ces hommes un instant. Comment font-ils pour manger, pour prendre une douche, faire leurs besoins ? De temps en temps, on voit même des femmes avec un ou plusieurs enfants marcher toute la journée en direction de nulle part, fouiller dans les poubelles, etc. C’est insoutenable. Il est difficile de faire comme si on avait rien vu et vaquer normalement à ses occupations après.

 

Pire encore, ces femmes dans la rue sont régulièrement des victimes de viols et de toutes sortes d’abus. On parle d’une femme à Kisangani en République Démocratique du Congo qui était régulièrement violée sans doute par des policiers ou des militaires. En 13 ans, elle aurait eu 12 enfants.
Comment imaginer que des hommes « normaux » puissent profiter de l’état mental d’une femme pour abuser d’elle en lui donnant de petits cadeaux. Ces hommes soit disant « normaux » ne prennent même pas la précaution de se protéger et exposent leurs victimes non seulement aux maladies sexuellement transmissibles mais aussi aux grossesses multiples.

 

Quand on imagine les conditions d’hygiène dans lesquels doivent évoluer au quotidien ces femmes, ces mamans, on peut légitimement se poser la question de savoir finalement qui est malade ?

 

Cette situation est révoltante et humiliante pour nous les femmes. Pourtant, il n’y a rien de nouveau sous le soleil disait un sage célèbre.

 

Quand une femme marche nue dans la rue, livrée au regard de tous et à la merci de tous les pervers, aucune femme ne peut se sentir à l’abri et  se sentir digne.

 

Détourner son regard est la pire chose à faire. Il faut au contraire chercher à couvrir notre sœur en lui remettant un pagne, un vêtement. Même si elle n’a pas la capacité de comprendre notre geste à l’instant, essayons au moins, au lieu de nous rendre coupable de non-assistance à personne en danger.

 

Nous l’avons compris, certaines familles ne savent pas, ne veulent pas s’embarrasser avec de tels parents encombrants et délicats. Les pouvoirs publics ont déjà montré leurs limites en ce qui concerne l’assistance et la prise en charge à l’endroit des personnes atteintes de troubles mentaux.

 

Pourtant, la responsabilité leur incombe de protéger les citoyens fussent-ils malades mentaux. On ne peut  laisser les auteurs de ces viols impunis. Oui, il s’agit de viols. Ces femmes n’ont pas la lucidité pour donner leur consentement. Les personnes impliquées dans de tels actes doivent être punies sévèrement selon la loi sur les violences sexuelles.

 

Par ailleurs, que faut-il faire pour que les enfants  nés dans ces conditions soient pris en charge par des structures telles qu’orphelinats ou centres sociaux ? Ces enfants ne peuvent rester avec leur mère. Même si l’instinct maternel reste intact, elles n’ont pas la capacité d’élever leurs enfants. Il faut en urgence prendre en charge ces enfants qui courent un danger réel en restant avec leurs mères dans la rue.

 

Le monde dans lequel on vit n’est pas parfait. Mais c’est de la responsabilité de chacun de poser un acte, faire un geste pour le rendre plus agréable et plus humain. En pensant aux autres, on pense à nous aussi.

Entre femmes et pour les femmes, posons des actes qui comptent.

 

Mila BENDI


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